LA CONFIANCE NUMERIQUE

Posté le 30/10/19 par Bruno De Latour dans Lettre mensuelle,  Aucun commentaire

 

À longueur de séminaires, de conférences, mais aussi d’études, de rapports, le thème de la confiance dans le numérique revient en tête des préoccupations. 71 % des Français possédant un appareil connecté se disent effrayés par ces objets !

L’ennui naquit un jour de l’uniformité. Et dans le cas des objets connectés c’est l’inquiétude et la crainte qui s’emparent des clients. Une alliance s’est même formée pour répondre à cette problématique qui n’a rien d’anecdotique. L’Alliance pour la Confiance Numérique (ACN). Lors de la dernière étude réalisée par l’Acsel 56 % des personnes interrogées ont répondu « Non je n’ai pas besoin d’objets connectés » et 45 % « C’est trop cher » mais surtout un quart des personnes interrogées disent « Je n’ai pas confiance. » Le rejet s’amplifie avec les données de l’Internet Society qui dramatise la situation : 33 % des propriétaires d’objets connectés estiment qu’ils représentent un risque pour la vie privée et leur sécurité. En fait il y a deux niveaux de défiance. Celui dans l’utilisation des données personnelles à des fins commerciales (ou envois de publicités) en forte croissance par rapport à 2017, et celui dans les objets eux-mêmes, et les services associés. La serrure a-t-elle bien fonctionné ? L’éclairage du salon est il bien éteint ? L’arrosage bien stoppé ? La Smart Home est loin d’apporter la confiance que l’on attend d’elle. D’ailleurs, si tout était bien réglé, la facture EDF ne serait pas aussi élevée ! Le secteur de la sécurisation du numérique est stratégique. Philippe Vannier (Atos), nouvellement élu à la Présidence de l’ACN (Alliance pour la Confiance Numérique), le rappelle : « Tous les secteurs économiques sont aujourd’hui concernés et ont besoin de pouvoir s’appuyer sur un réseau d’acteurs de confiance numérique. C’est le seul moyen de protéger notre souveraineté numérique nationale, ainsi que l’autonomie stratégique européenne. » Avec un chiffre d’affaires de 12,4 milliards d’euros en France, la filière de la confiance numérique est désormais un acteur de poids dans l’économie française, et affiche les meilleures performances parmi les autres filières industrielles, tant en croissance (plus de 9 % par an depuis 5 ans) qu’en valeur ajoutée (48 % de taux de valeur ajoutée en 2018). L’ensemble de ces éléments conduit à une prise de conscience progressive de la nécessité de bien prendre en compte la cybersécurité, ainsi que la protection des données personnelles dès la conception (« by design ») de l’ensemble des maillons formant la chaîne de la transformation digitale. Cette prise de conscience devrait, à son tour, alimenter pour les années à venir la croissance des entreprises du secteur de la confiance numérique. C’est le 10 décembre que seront présentés les résultats de ce baromètre ACSEL de la confiance des Français dans le numérique.
Bruno de Latour

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